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  • Talia

Dire non aux régimes. Dire oui à mon corps.

Dernière mise à jour : 29 mai 2020

Je fais partie de ces personnes qui ont un TCC (trouble du comportement alimentaire) et tourner le dos aux diètes à changer ma vie, mais pas juste comme dans l'expression "oh ce film a changé ma vie"... non, plus comme dans "ma vie ne sera plus jamais la même maintenant et c'est difficile mais je ne peux plus revenir en arrière sans me faire du mal inutilement".


Après avoir couru un demi marathon en 2017 (de peine et de misère, mais quand même), mon corps a shotdown complément d'un régime alimentaire et sportif qui durait depuis 5 ans. J'ai été presque incapable d'être active avec plaisir pendant 2 ans, je ne pouvais plus en aucun cas me refuser des aliments... et tout ça de manière assez inconsciente, parce que je continuais à vivre et je tentais régulièrement de revenir à ces régimes, de reprendre le contrôle. Je culpabilisais et je disais souvent en pleurant : J'ai déjà été capable, pourquoi ça ne marche plus?

J'ai recommencé à faire des crises hyperphagiques (ce qu'on appelle en bon québécois "manger ses émotions" mais qui est tellement plus complexe que ça, croyez moi, informez vous!). J'ai été suivi par ce que j'appelle mon équipe multidisciplinaire soit une psychologue, une nutritionniste et une kinésiologue, toutes spécialisées en troubles alimentaires, à différents moments et à différentes intensités depuis deux ans. Elles ont été et restent précieuses!


Quand je m'entrainais pour des distances de courses de plus en plus grandes, j'étais en compétition avec mon corps. Ma tête voulait prendre le dessus sur lui et pour cela, je l'insultait. Je courais et des phrases comme; " cours plus vite la grosse, tu es nulle si tu arrêtes, aweille grosse conne" me passaient régulièrement par la tête. C'était horrible, mais je poussais, je continuais, je courais plus. Jusqu'à ne plus courir du tout.


J'ai retrouvé le plaisir d'être active mais en écoutant cette machine dans laquelle j'habite tous les jours, mon corps. Je lui demande ce qu'elle a envie de faire et chose tellement difficile mais merveilleuse, j'écoute ce qu'elle me dit! Par exemple: Dimanche, j'étais très confortable sur ma terrasse. J'ai demandé à mon corps ce qu'elle voulait faire et trois heures plus tard, j'étais rendu chez mon père à 35km de vélo de chez moi à jaser à deux mètres de distance. Parce que mes jambes m'ont dites qu'elles avaient envie d'un défi, mon coeur m'a dit qu'elle s'ennuyait de mon père, ma tête m'a donné le Go psychologique et mon dos ne souffrait pas cette journée là. Et quand j'ai trouvé ça difficile, que mes jambes commençaient à être fatiguées, je me suis dis que j'étais géniale d'être rendu aussi loin, que j'avais traversé le pont Jacques-Cartier au complet en vélo et que c'était merveilleux et la fatigue de mes jambes est partie parce que je les ai aimées pour ce qu'elles m'avaient faites vivre jusqu'à maintenant.


Quand j'étais au régime, je me mettais des règles complètement absurdes pour contrôler mon alimentation: des pâtes juste une fois par 14 jours, manger moins la semaine pour manger plus la fin de semaine, pas de pain le matin, etc. La liste était sans fin et changeait sans cesse. C'était obsédant, ça me demandait tellement d'énergie et je n'écoutais jamais mon corps, je le martyrisait.

J'ai mis des photos de mon frigo pour accompagner ce post, parce que ça me rend fière quand je l'ouvre. Aller à l'épicerie est quand même toute une aventure en temps de pandémie, mais c'est important pour moi que cela n'affecte pas les progrès que j'ai fait de respecter mon appétit et mes envies. Je mange avec passion, avec respect des aliments et avec un plaisir sincère.

Et juste de faire ça, les crises hyperphagiques ont drastiquement diminuées (et c'est elles qui me rendaient le plus malheureuse), mon plaisir de cuisiner a augmenté en flèche et ma culpabilité est (presque) une histoire du passé. Je suis de ces personnes qui, à la question: choisir entre le sexe et la nourriture? n'hésiterais même pas une seconde à choisir la nourriture. Alors imaginez le traumatisme des régimes sur mon corps. Il y a certains aliments que je ne suis même plus capable d'acheter ou de manger, parce qu'ils sont dans ma tête associés aux régimes que j'ai fait et ça peut déclencher une anxiété monstre juste d'en sentir l'odeur. Alors maintenant, je mange avec les yeux, avec le nez, avec le coeur, avec toutes les papilles gustatives de ma bouche et c'est orgasmique!


Me sortir de tout cela a demandé du temps et de l'accompagnement. Je ne serais pas arrivé où je suis aujourd'hui sans de l'aide externe, autant de professionnels que de modèles positifs sur les réseaux sociaux. (Pour n'en nommer qu'un: tout ce que fait #DixOctobre et aussi ses collaboratrices du podcast me font tellement de bien! Suivez-les sur instagram, ça va changé votre fil de nouvelles positivement!)


Le chemin est difficile, mais de perdre le contrôle maladif que j'avais sur l'apparence de mon corps me permet aujourd'hui d'avoir le contrôle sur son bien être et son bonheur et je ne me suis jamais trouvé aussi belle. Belle de coeur, belle d'esprit et belle de corps. Je vous le souhaite du fond de mon coeur.


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