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  • Talia

Perdre 30 minutes de baignade

Dernière mise à jour : 22 juin 2020

Je n’ai jamais senti de jugement sur mon orientation sexuelle de la part de personne de mon entourage, de ma famille, de mes collègues de travail ou connaissances, à part peut être parfois un genre de flou du style : ‘’ Pour toi, c’est correct, mais t’sais parfois y’en a que….’’


Par contre, la discrimination fait partie de ma vie. Premièrement, parce que je suis une femme. Deuxièmement, parce que je suis une femme. Ce que j’ai vécu comme femme pansexuelle en couple avec une autre femme lors de démonstrations d’affection en public n’avait pas lieu d’être. C’est surtout dans ces moments-là que j’ai été confronté à des propos sexistes et sexuels qui m’ont rendu inconfortable, mal à l’aise et même un peu apeurée.


L’été que j’ai rencontré une fille pour la première fois, nous avons eu un été très chaud (dans tous les sens du terme!). Mais ce je veux dire par là, c’est qu’au début septembre, une seule piscine restait encore ouverte sur l’île de Montréal pour les citadins en sueur. Elle était donc bondée lorsque nous nous y sommes rendues. Eh que ça a fait du bien par contre! J’étais au frais, heureuse et amoureuse. J’ai du toucher ma compagne, peut être même lui donner un bec sur la bouche, que dis-je, passer une main dans son dos. Bref, le genre de comportements très normaux quand on est amoureux et que tout le monde a déjà fait beaucoup de fois. Par contre, quelqu’un avait décidé de ces gestes n’étaient pas une démonstration d’amour, mais une invitation sexuelle dirigée vers lui directement. Il s’est senti interpellé, harponné ou je ne sais quoi. C’était clair pour lui que nos gestes lui étaient destinés. Sinon, pourquoi est-ce qu’il aurait senti l’urgente obligation de venir nous voir pour nous dire : ‘’Vous savez les filles, moi je n’ai jamais vu ça deux filles s’embrasser. Est-ce que ça vous dirait qu’on aille quelque part les trois ensembles? ‘’. J’aimerais presque revivre cette situation là aujourd’hui pour lui répondre de manière aussi violente que sa proposition l’a été pour moi. Mais à l’époque, j’ai eu peur, j’ai dit NON et nous sommes sortis de la piscine. Alors par un jour de canicule, j’ai perdu trente minutes de baignade, en attendant que ce gars et ses amis quittent la piscine.


Ce fantasme lesbien, il n’est pas réel dans la vraie vie. Deux femmes ne sont pas ensemble pour le plaisir des autres. Nous sommes fortes, amoureuses, affectives, démonstratives. Nous avons envie de frencher en plein milieux d’un festival, de mettre notre main sur la fesse de notre blonde en attendant à une lumière rouge, de caresser ses cheveux au cinéma, de la serrer dans nos bras en attendant pour payer à la caisse. Et tout ça, ce n’est jamais pour autrui. Ce n’est que de l’amour, de l’affection, du désir et ça nous appartient. Toujours.





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